Prévenir les problèmes cardiaques, c’est d’abord les détecter à temps, parfois avant les premiers symptômes. Un bilan complet inclut auscultation, ECG, test à l’effort et échographie cardiaque. Le cardiologue Gianluigi Malerba fait le point sur ces examens essentiels.
Quels examens composent le bilan cardiaque ?
Dr Gianluigi Malerba : Il repose sur trois examens fondamentaux, complétés par l’examen clinique et l’auscultation. L’ECG (électrocardiogramme), qui enregistre l’activité électrique du cœur pour détecter diverses pathologies. Le test à l’effort, réalisé sur vélo avec électrodes et brassard de tension, évalue l’adaptation du cœur à l’effort et peut révéler une ischémie (manque d’oxygénation du muscle cardiaque) ou des arythmies.
Le troisième examen est l’échographie cardiaque, de quoi s’agit-il ?
C’est un examen non invasif essentiel pour une vision complète de la santé cardiaque. Il offre une imagerie en 2D de haute qualité, permettant de visualiser les structures du cœur (parois, valves, cavités) et sa fonction (pompage, circulation, pressions). On peut ainsi diagnostiquer diverses pathologies : cardiomyopathies, rétrécissement valvulaire, etc.
Quels sont les grands types de pathologies cardiaques ?
Parmi les quatre grandes familles, la plus fréquente est la cardiopathie ischémique : les artères coronaires se bouchent, ce qui peut mener à l’infarctus. Plus rares, les cardiomyopathies touchent le muscle cardiaque et l’empêchent de pomper efficacement le sang. Enfin, il y a aussi les troubles du rythme (arythmies), détectables par ECG ou monitoring Holter, et les maladies inflammatoires, qui sont moins courantes et exigent un suivi spécialisé.
Peut-on avoir un problème cardiaque sans symptômes ?
Oui, absolument. Certaines cardiomyopathies ou arythmies ne se manifestent qu’à l’effort, même chez des personnes jeunes ou en bonne santé. D’où l’importance de la prévention, afin de détecter les anomalies en amont, avant qu’elles ne s’aggravent.
Quels sont les signaux d’alerte à ne pas ignorer ?
Les symptômes classiques : poids dans la poitrine, douleur thoracique diffuse (main ouverte sur le sternum), irradiation vers la mâchoire ou le bras gauche. Pour les sportifs, il faut aussi être attentif à l’essoufflement à l’effort, la perte de connaissance soudaine, etc.
Quels sont les principaux facteurs de risque cardiovasculaires ?
Les facteurs classiques restent l’hypertension, le diabète, le tabagisme actif, les antécédents familiaux de premier degré. Désormais, les nouvelles recommandations intègrent la dépression, l’anxiété et le stress chronique.
À quel âge envisager un bilan cardiaque ?
Dès 40 ans, en cas de facteurs de risque évoqués, sinon, vers 50 ans. Pour les sportifs, c’est recommandé à tout âge.
Quels sont les examens disponibles au HTC Medicis et comment se déroule le bilan ?
Au HTC Medicis, nous pouvons tout proposer en une seule fois. La plupart des programmes incluent ECG et test d’effort, nous encourageons les sociétés à inclure désormais l’échographie cardiaque. Si le bilan est normal, alors un suivi tous les trois à cinq ans suffit. En cas d’anomalie, on peut passer sur des examens de seconde ligne (scintigraphie, scanner, etc.), puis assurer un contrôle plus régulier, annuel ou bisannuel.
Comment renforcer la prévention cardiovasculaire au quotidien ?
Le lifestyle et l’hygiène de vie restent essentiels. Cela implique une activité physique régulière, une alimentation de type méditerranéenne, moins de sel, pas de tabac, limiter l’alcool. Ajoutez une prise de sang annuelle et le contrôle régulier de la tension artérielle. Ces gestes simples peuvent faire toute la différence.





