Au-delà des obligations légales, certains outils et dispositifs de prévention restent inégalement répartis. Un rapport britannique indique que généraliser l’accès à ces services complémentaires peut contribuer à réduire l’absentéisme, renforcer la cohésion et améliorer l’attractivité employeur.
En Belgique, le cadre légal garantit à tous les travailleurs un accès à la santé et à la prévention au travail. Un socle obligatoire et universel. Pourtant, au-delà de ces obligations, il existe des outils et dispositifs complémentaires, comme des bilans de santé approfondis, dépistages précoces, accompagnement « bien-être » personnalisé ou prévention burn-out. Mais ces services sont parfois réservés aux cadres. Une pratique qui peut créer un sentiment d’inégalité, alors que les collaborateurs de terrain portent souvent une charge importante et que leur absence prolongée peut perturber le fonctionnement opérationnel.
L’absentéisme comme révélateur d’inégalités
Le rapport britannique Health & Wellbeing at Work 2025 publié par le Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD), pointe les limites d’une approche sélective de la prévention santé. Selon Paul Schreier, CEO de Simplyhealth, « la santé au travail doit être plus équitable : tous les collaborateurs doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement préventif accessible, y compris ceux qui ont des problèmes de santé préexistants ». Pour illustrer cet enjeu, le rapport met en lumière un taux d’absentéisme record de 9,4 jours par an. Or, en Belgique aussi, l’absentéisme reste majeur, avec environ 14 jours par an (2023), sans parler des absences de longue durée.
Prévenir plutôt que réparer
Détecter précocement un risque cardiovasculaire ou un épuisement professionnel naissant permet d’agir avant que la situation ne se dégrade. Le coût d’un dépistage ou d’un accompagnement préventif reste modeste comparé à celui d’un arrêt maladie prolongé, d’une incapacité de travail ou d’un remplacement temporaire. Cette approche préventive est source de bénéfices indirects : meilleure productivité, continuité opérationnelle, réduction des charges administratives, etc. Pour les employeurs, l’investissement dans une prévention équitable se mesure donc concrètement en termes de performance.
Cohésion renforcée, talents fidélisés
En proposant des dispositifs de prévention semblables, quel que soit le niveau hiérarchique, les employeurs envoient aussi un signal fort. Chaque collaborateur se sent reconnu au-delà de sa fonction, ce qui contribue à améliorer son engagement et son adhésion au projet collectif. Cette équité perçue renforce le climat social et limite le turnover, particulièrement dans les fonctions opérationnelles où la pénurie de talents se fait ressentir. Dans un marché du travail tendu, les candidats comparent de plus en plus les avantages proposés. Une entreprise qui investit dans la santé de tous ses collaborateurs se démarque positivement et consolide sa marque employeur sur l’ensemble des segments de recrutement.





